Le papillon s'est
épris de la rose
Heinrich Heine (Allemagne)
De la rose, le papillon s'est épris,
Et autour d'elle papillonne sans cesse.
Mais le rayon du soleil, au charme exquis,
De même, autour du papillon s'empresse.
Mais qui la rose a-t-elle pris pour amant ?
Que ne ferais-je pour le savoir !
Serait-ce donc le rossignol chantant,
Ou bien la silencieuse étoile du soir ?
Je ne sais de qui la rose est amoureuse
:
Mais de mon cur, tous s'accaparent :
Le papillon, le rayon de soleil, la rose,
Le rossignol et l'étoile du soir !
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Saint-Martin
Giosue Carducci (Italie)
Le brouillard aux cols hérissés
Se lève en pleuvinant
Et sous le mistral, la mer
Hurle et blanchit
Mais sur les chemins du bourg
Des cuves en fermentation
L'âpre odeur des vins
S'en va réjouir l'esprit.
Sur les bûches allumées
La broche tourne en crépitant
Le chasseur sifflote
Et, sur le pas de sa porte, observe
Entre les nuages rougeâtres
Des vols d'oiseaux noirs
Migrer dans le crépuscule
Tels des pensées bannies.
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Saku le cochon
(Finlande)
Cochon Saku, Cochon Saku
N'es-tu pas gêné par la crasse ?
Non, pas du tout ! Non, pas du tout !
Je viens juste de tremper mes oreilles dans la vase.
Groin, Groin, Groin
(de Kukkuluuruu mitä kuuluu, Kolibri
2000 )
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La chanson des vaches
Tomas McKeoghan (Irlande)
Je me suis levé ce matin pour
aller traire ma vache,
Je me suis levé ce matin pour aller traire ma vache,
Oh oui, pour aller traire ma vache !
Chaque matin, je lui chante une vieille chanson,
Et c'est avec joie qu'elle me donne son lait,
Oh oui, c'est avec joie !
Mais soudain, un changement est survenu.
Elle s'est mise à meugler et ne m'a plus donné
de lait,
Oh non, elle ne m'a plus donné de lait !
Refrain
Hé rock 'n' roll, Hé rock 'n' roll,
Hé rock 'n' roll
J'ai alors eu l'idée de lui chanter
du rock 'n' roll.
Peut-être que la vieille chanson ne lui plaisait plus,
Oh non, elle ne lui plaisait plus !
J'ai donc esssayé le rock 'n'
roll lorsque j'ai trait ma vache,
Et elle s'est mise à se dandiner et m'a redonné
du lait,
Oh oui, elle m'a redonné du lait !
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Manuel Machado
(Espagne)
Que le ciel est beau !
Quel beau matin !
Quelle fraîcheur dans les champs !
Que de joie dans l'eau !
Galope, galope, mon cheval,
tu connais bien le chemin
où te guide mon désir.
Ne t'arrête pas à l'orée du bois,
ni dans la verdure humide
le long du ruisseau
qui descend de la colline.
Continue, continue sur le sentier
bordé de champs verts
pleins de coquelicots rouges.
Tu passes déjà les oliveraies.
Le sentier s'arrête déjà
Et, entre les feuilles entrelacées,
de loin on entrevoit la maison !
Que le ciel est beau !
Quel beau matin !
Quelle fraîcheur dans les champs !
Que de joie dans l'eau !
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